Merci de me retrouver à partir du 6 juin sur mon nouveau blog :
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..........................................................Dernière mise à jour : 9 mai 2009

12/04/2009
Le Cameroun compte 280 entités ethno-linguistiques différentes, conséquences de son histoire et des mouvements de population qu'elle a entraînés. De très petits villages utilisent par exemple une langue paticulière non comprise par le village voisin. Cette richessse en fait un terrain d'études favori pour les linguistes.

Marieke et Rebecca, toutes deux allemandes, font des recherches pour leur doctorat dans des villages reculés de la forêt. C'est leur deuxième séjour dans le village, eles y restent plusieurs mois. Elles ont leur case, vivent avec la population et interrogent les gens sur ces langues en voie de disparition, supplantées de plus en plus par le pidgin ( anglais créolisé) ou l'haoussa. L'adaptation à la vie de brousse n'est pas évidente au début mais apparemment elles ont l'air en bonne forme et passionnées par leur travail. Les conditions de vie sont sommaires ( pas d'électricité, eau filtrée, nourritures locales) mais ces inconvénients ne semblent pas les perturber.

Le Cameroun est officiellement bilingue. L'anglais est surtout parlé dans sa partie ouest, en autre à Bamenda qui est aussi le centre de l'opposition au président Paul BIYA. Mon anglais courant suffit à l'usage quotidien mais reste laborieux quand la conversation s'accélère ou se thématise.

Marieke et Rebecca parlent une dizaine de langues plus des dialectes appris au cours de leurs recherches. Le multilinguisme m'impressionne toujours.
Marieke a appris un petit peu le français à l’école mais surtout ici en Afrique, et entendre une vraie allemande parler français avec l'accent et les expressions africaines, c’est franchement un grand moment.

Le soir, après le repas, nous allons boire un verre dans un bar au bord de la rue. Dans une cabane en bois, la télévision diffuse une cérémonie religieuse ( nous sommes le vendredi saint et les différentes églises et religions pullulent ici), le son est inaudible couvert par la sono qui diffuse de la musique africaine très rythmée, la serveuse se dandine en nous apportant les bières, dehors un jeune garçon fait cuire des brochettes de porc et les effluves parviennent jusqu'à nous accompagnant l'éternelle ronde des motos et leurs klaxons, une publicité au mur vante une bière locale, une autre que Dieu de toutes façons a un plan, une poule picore dans un coin .Instantané.


20/04/09
Je viens de passer une semaine dans l’ouest du Cameroun, à la fraîche, pour me retaper après la chaleur étouffante du Sahel. Au pied du mont Cameroun, à Buea les nuits sont presque froides. La saison des pluies a vraiment commencé, surtout en altitude et les orages sont de plus en plus fréquents avec des  pluies abondantes.

A Limbe, au bord de mer, le Wild Life Center recueille des singes orphelins ou confisqués. On y trouve entre autres les drills, les mandrills, des chimpanzés et des gorilles. L’ouest du Cameroun est anglophone et les anglais différencient les « Apes » les grands singes sans queues –chimpanzés-gorilles-humains- et les « monkeys », tous les autres singes. Deux troupes de gorilles vivent ici dans de grands enclos et un petit est né il y a un mois. Je passe des heures à les observer.

Après un détour à Yaoundé pour faire mon visa pour le Gabon, je vais à Kribi, l’autre station balnéaire après Limbe. J’ai rencontré Cris et Janet, un couple d’anglais, la soixantaine tous les deux, qui dans leur fourgon Toyota hiace 4X4, sont partis depuis deux ans pour une grande boucle : l’Angleterre, le cap nord  ( en Norvège), Le Cap  (Afrique Du sud), l’Angleterre. Ils remontent donc dans l’autre sens et partent aussi pour Kribi pour leur dernier séjour en bord de mer. Ça me fait du mal de dire ça mais bravo les Anglais.

Caroline est logisticienne pour Medecins Sans Frontières. Elle rentre en France demain, la mission dont elle s’occupait à Baruti, à l’Est, est terminée et elle prend quelques jours de repos en bord de mer avant son départ. Le père Gaston-Berger l’accompagne. Prêtre camerounais, il a monté un orphelinat qui par extension s’occupe d’autres enfants en grandes difficultés sociales ou familiales, également à Baruti. Ils ont souvent travaillé ensemble et lui aussi profite d’un long week-end pour prendre du repos bien mérité.

La ville de Kribi est une petite station balnéaire fréquentée par les gens de Douala ou Yaoundé pendant les week-ends et les vacances. L’endroit est très agréable mais il me reste une dizaine de jours avant de rejoindre le Gabon et après dix neuf ans de Martinique, la plage ne me manque pas trop.

Je décide de remonter vers le Nord jusqu’au parc de Benoué, Au passage je rencontre à Yaoundé TINTIN au Congo, qui dans son Land-Rover série 1 de 1954 à quitter l’Angleterre depuis 6 mois pour rejoindre l’Afrique du sud. Beverly, et oui encore un anglais, n’en est pas à sa première expérience et connaît bien l’Afrique australe. Je lui offre un café, ce n’est encore l’heure du thé. Il me dit m’avoir aperçu au Mali, le monde est petit. Comme d’habitude entre overlanders, nous nous racontons nos trajets et nos petites aventures.

Berger m’avait assuré que pour rejoindre Ngaoundéré la route était goudronnée sauf 270 kms de bonne piste qui s’est avérée effectivement praticable, sans difficulté technique, mais épouvantablement cassante avec une tôle ondulée très dure. Sur la route, je double …..Cris et Janet qui remonte vers le nord pour traverser la frontière au Nigeria. Nous nous retrouvons le soir au Ranch de Ngaoundaba, superbe endroit créé entièrement avec des matériaux locaux par un ancien guide de chasse aujourd’hui décédé. A 1100 mètres d’altitude, avec son petit lac en contrebas et le calme de ses jardins, l’endroit incite au repos et à la rêverie. Mais des difficultés logistiques ( eau-électricité etc) rende l’avenir du lieu incertain.

Le parc de Benoué est un peu décevant et en me rendant au campement du buffle noir, j’aperçois peu d’animaux. Il faut dire que le parc est incroyablement vert et les seules bestioles que je vois de très près sont d’innombrables mouches et taons dont les piqures très désagréables m’occasionneront des oedèmes importants aux points de piqures et je vais passer quelques nuits à me gratter les bras et les jambes. J’apprendrais qu’il s’agit de mouches tsé-tsé, heureusement bovines.

Le parc de Babandjida, à l’est de la Benoué est beaucoup plus agréable, sans tsé-tsé et avec de jolis reliefs et paysages. De nombreuses antilopes, cobes de fassa, cobes des roseaux, hippotragues, bubales peuplent le parc. J’ai pu voir également des éléphants. Le campement à 40kms à l’intérieur du parc est magnifique, au bord d’un point d’eau, idéalement placé comme point de départ pour les nombreuses pistes qui le sillonnent. Paul et sa femme ont repris la gérance de la partie hôtel-restauration depuis 3 ans et se démènent  pour faire vivre l’endroit. Ils doivent en réalité assumer toute la gestion du parc ( entretien des pistes, braconnage, relation avec les villages environnants), la tâche est lourde mais les résultats sont encourageants.

Le Cameroun possède d’incroyables atouts pour un développement touristique plus important mais par manque de volonté politique de superbes sites végètent ou survivent grâce à l’énergie de quelques passionnés. La faune sauvage est également menacée et des espèces ont aujourd’hui disparu ( rhinocéros) et de nombreuses autres sont menacées. Le pays possède une grande variété de populations et de paysages, du sahel à la forêt équatoriale, de la montagne à la mer. Espérons qu’un jour les pouvoirs prendront conscience de cette réalité et sauront la mettre en valeur et la préserver. J’ai aimé ce pays pour sa diversité et pour les belles rencontres que j’y ai faites et malgré la corruption qui le gangrène, pesante au quotidien mais fléau hélas de beaucoup de pays africains.


27/04/09
A quoi rêvent les petits garçons ?
A aménager des cabanes et à jouer au docteur.
Je suis devenu un grand garçon qui prend toujours ses rêves pour des réalités.

L’aménagement d’un véhicule de voyage n’est jamais terminé. Il faut imaginer un couchage pour une ou deux personnes, un coin cuisine, des rangements pour les vêtements, les livres, le matériel photo et l’ordinateur, la caisse à outils, le camping-gaz, les fauteuils de camping, les affaires de toilette, le compresseur, les pièces de rechange du véhicule etc …le tout compacté dans trois mètres cubes environ. On improvise au départ et c’est au cours du voyage que chaque affaire prend sa place. Mais rien n’est définitif et selon le climat, les besoins journaliers, les incidents de parcours, il faut en permanence revoir cet agencement.

N’ayant ni la rigueur méthodique d’un contrôleur de la SNCF, ni la patiente obstination d’un sudokiste retraité de l’éducation nationale, j’ai tendance à être surtout utilitaire à repousser à plus tard un rangement nécessaire si bien que l’arrière de la voiture finit souvent par ressembler à la chambre de ma fille, c'est-à-dire un vrai foutoir.

Parfois, pris d’une pulsion subite, je me discipline pour prendre le temps de tout sortir puis de minutieusement réorganiser de manière la plus fonctionnelle possible chaque espace disponible. Alors, avec l’air satisfait d’un joueur de tarot qui a réussi à mener le petit au bout ou d’un créateur céleste à la fin de sa semaine, je contemple avec béatitude mon œuvre civilisatrice.

Las, c’est à ce moment là que se révèle l’urgence se sortir la clé plate n° 19 qui se trouve dans la caisse à outils, elle-même dans le coffre avant droit sous les boîtes de médicaments. S’ensuivent les quelques jurons d’usage communément admis par l’académie française et le petit robert, mais étant devenu un autre homme plein de bonnes résolutions, ce petit incident ne peut venir amender mes nouvelles intentions. Je m’exécute.

Après utilisation de la clé n° 19, je remets tout en ordre et fier de ma volonté devant l’épreuve, je me dis que j’ai bien mérité un petit café. Je sors mon fauteuil préféré, le camping-gaz et tout le matériel nécessaire à la préparation du dit breuvage, quand soudain, de manière imprévisible, alors que l’eau vient à ébullition, la pluie se met à tomber et il me faut tout ranger précipitamment à l’intérieur du véhicule et le bel ordonnancement savamment orchestré n’aura vécu que quelques minutes.

Vaincu, abattu, humilié, la tête entre les mains, je me mets à penser à  une malédiction s’acharnant contre moi et je ressasse d’anciennes culpabilités que je croyais à jamais enfouies dans le terreau de mon subconscient. Oui c’est vrai, j’ai volé une plaquette de chocolat au 8à 8 de Méribel pendant la colonie de vacances le 16 juillet 1972 et je ne m’en suis pas confessé ensuite au père Vandenabaele qui organisait la colo mais c’était un pari avec les copains, on devait tous ramener quelque chose du 8 à 8.

Je reconnais également avoir eu des pensées coupables le 11 mars 1975 quand Melle Claudine, notre professeur d’éducation physique, nous a fait une démonstration de grimper à la corde dans le préau de l’école, mais elle avait son short noir qui lui allait si bien et je crois que jamais cours d’éducation physique ne méritât aussi bien son nom et ne fût suivi avec autant d’assiduité par une classe de garçons.
Hein ?
A part ça ?
Non, je ne vois pas ….

Donc, ma voiture est à nouveau une voiture de gitan, mais reconnaissez que quand le sort utilise tant de maléfices, les limites de l’humanité deviennent palpables et tangibles. Et l’on se dit que quand on sera grand, à l’âge où les contorsions lombaires ne seront plus admises par notre arthrose et notre notabilité,  on pourra rêver d’un beau grand camping-car avec un lit, des armoires, des toilettes et tout le confort et l’on aura enfin la satisfaction d’un vrai café, fait dans une cafetière électrique , servi dans une tasse propre avec du sucre non répandu dans toute la caisse de cuisine qui baigne déjà du produit à vaisselle qui souffre d’une incontinence aigüe liée à un bouchon défectueux, affalé dans de grands fauteuils avec des coussins moelleux non encrassés de poussière rouge ou de tâches de boue indélébiles dans lesquels on regardera oisivement les matchs de ligue des champions sur notre télévision satellite.

L’avenir semble alors radieux et on se dit qu’il y a encore plein de belles choses à espérer de la vie.







Carte de l'Afrique







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Ekok Mamfé Bamenda







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Mopti, Dogon, Tougana



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